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Le néo-féminisme vu par Annie Le Brun.

bandeau annie le brun

Lors de la réception suivant le mariage de deux amies je discutais avec une jeune fille qui portait une couronne de fleurs. Nous parlions de féminisme. Comment nous en étions arrivés là je ne m’en souviens plus. Mais peut-être n’était-ce pas innocent de relier cette journée symbolique – la plupart d’entre nous assistions pour la première fois au mariage de deux personnes du même sexe – au combat féministe qui est bien entendu étroitement lié aux premiers combats pour l’égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels.
J’ai envie de dire : femmes et homos même combat.
Et là un problème se pose, simplement avec l’apparition de ce mot : combat. Combat, lutte, ne sonnent-ils pas comme de vieilles cloches dans les chapelles du monde «masculinisé» ? Les femmes devraient se battre avec les armes des hommes, sur leurs terres à eux, pour conquérir une idée nouvelle ? Doit-on recourir à la violence pour s’emparer du monde ? (et cette question vaut pour toutes les causes…)
Ce débat n’est pas nouveau. Il y a toujours deux façons de voir les choses, chez les féministes (je vais le développer un peu plus bas) chez les anarchistes et les libertaires (les violents, les non-violents) et nous le voyons encore aujourd’hui dans la rue.
Très jeune cette question m’a taraudé. Devais-je répondre aux attaques homophobes ? Devais-je me battre, moi qui détestais la violence physique et verbale ? Devais-je vivre dans un monde de violence parce qu’on voulait que je me batte ? Les valeurs du combat, de la guerre, du «fight», tellement bien vues dans le monde des hommes devaient-elle faire partie de ma vie, moi qui aimais le monde des livres, du calme, des fleurs et des jardins ? Oui, très tôt je me suis posé cette question, et j’en étais arrivé à cette conclusion avec ma mère et mon beau-père avec qui nous avions eu cette discussion : Quand je racontais la violence dont j’étais victime au collège je leur disais que je ne voulais pas répondre, pas me battre, que ça ne m’atteignait pas (même si ça m’atteignait) j’avais cette certitude : je ne voulais pas céder à la violence !
Mon beau-père ne comprenait pas et m’intimait d’en arriver aux poings pour faire cesser tout ça. Moi je répondais que j’avais les mots… (les avais-je vraiment à dix ans ?? Peut-être plus que je ne le pense aujourd’hui…)
J’ai été de nombreuses années attaqué, insulté, violenté. Pour de multiples raisons qui faisaient l’être que j’étais : délicat, jugé trop féminin, petit-bourgeois dans un collège au milieu des cités, très bon élève, extrêmement doux et gentil, aimé des filles (insupportable pour certains garçons, qu’un garçon qui ne leur ressemble pas soit aimé des filles)
Franchement au début de mon enfance je ne me suis jamais posé la question sur qui j’étais. Je suis passé longtemps au travers des mailles du filet. Ma mère me laissait vivre comme je le voulais. Dans ma petite école primaire de campagne tout se passait bien, dans mon monde « féminin ». J’étais accepté. Puis les choses ont commencé à se gâter. On m’a renvoyé à la figure que je n’étais pas à ma place : on m’a chassé. Je me suis retrouvé entre deux mondes : le monde «féminin» où je ne pouvais plus vivre et le monde «masculin» où je ne voulais pas vivre. Un cauchemar pour celui qui avait décidé d’habiter ces deux planètes simultanément, n’en voyant qu’une – preuve à l’appui !
J’ai dû trouver une nouvelle place : je suis entré par la fenêtre dans le monde des livres, de l’écriture, le monde du rêve, de la musique ; l’art, où les femmes sont plus que femmes, où les hommes ne sont plus que des hommes. Tout ça j’en parle dans Rose Turningham, quelques pages me révélant au travers du prisme de la fiction, seul prisme pouvant exhaler selon moi la vérité des sentiments et sensations.
Plus tard dans ma jeunesse je voulais faire avancer la cause féminine (et par là j’entends acceptation de la sensibilité dite féminine – qu’elle soit ressentie dans un corps d’homme ou un corps de femme) et je n’étais pas satisfait par le vocabulaire guerrier que j’entendais dans la bouche de celles et ceux qui luttaient. C’est comme si tout dans ma vie me forçait à devoir me battre, moi qui n’avais jamais utilisé mes poings pour autre chose que serrer des mains, des têtes, des corps d’amoureuses et d’amoureux. C’est comme si – pour être pleinement accepté dans mes différences, que moi je trouvais être des ressemblances – je devais en passer par l’ingestion ce que je détestais et qui était l’apanage du monde du combat.
Je n’ai jamais voulu me battre, malgré les provocations. Sinon je n’écrirais pas des livres et des chansons. C’est sur ce terrain-là que j’attends ceux qui veulent en découdre avec notre monde.  Et plus que découdre je leur propose de coudre des choses, ou de nous déshabiller pour faire l’amour tiens, ce sera toujours ça de pris.
Revenons à cette discussion avec la jeune fille aux fleurs dans les cheveux. (Nous étions certainement faits pour nous entendre : j’avais une rose blanche à la boutonnière.) Je tentais de lui expliquer cette vision de la lutte «armée» chez les féministes, et elle me répondait que c’était cliché de dire que les femmes sont faites pour la sensibilité et non pour le combat. Ce à quoi je lui répondais que les hommes et les femmes «féministes» devaient s’élever au-dessus de la mêlée.
Rapidement j’ai voulu lui parler d’Annie Le Brun, dont la voix à la fin des années 70 était une voix je trouve très intéressante, sur cette question du féminisme : doit-on se battre avec les armes des hommes, celles qu’ils ont choisies ? Doit-on savoir si on doit hurler avec les louves, ou avec les loups, alors que nous en avons peut-être assez de hurler tout court !
Il y a quelques années j’étais tombé sur ce vieux numéro d’Apostrophes (émission géniale dont j’ai re-visionné une centaine de numéros) où Annie Le Brun parle de tout ça – Annie merveilleuse, sombre, presque gothique, post-Morticia aux yeux violets, à la voix grave et délicate. Je ne pouvais pas m’empêcher en l’écoutant parler de faire des photos avec mon iPhone (celles qui illustrent le début de ce billet) et j’avais envie d’être elle : Annie Le Brun. Et quelque part peut-être l’étais-je un peu au fond ? Moi qui n’ai jamais voulu me battre avec les armes qu’on me tendait, et qui continuais à maquiller les scènes de crime…

bandeau annie grosplan2

Je ne vais pas exposer ici en détail la pensée d’Annie Le Brun. Je crois que je n’oserais pas. Je préfère vous renvoyer à ce numéro d’Apostrophes disponible sur Ina.fr (Femmes femmes femmes, 10/02/1978) ainsi qu’à ses différents ouvrages. Je ne parlerai qu’en mon nom, reprenant ses propos, pour retranscrire ici cette pensée que je trouve intéressante et juste, qui veut qu’au nom d’une lutte on parle aux noms de tous (les femmes, les homos etc… jusqu’à la catégorisation sans fin : les femmes musulmanes, les homos féminins etc etc… absurdités innommables) pour exercer une pression idéologique, comme celle exercée par l’Église sur la famille au nom de «Dieu», par l’État au nom de la Patrie… effaçant toute individualité au profit d’un TOUS ou d’un TOUTES arbitraires et déshumanisants.
Digressons un peu vers la littérature, puisque c’est souvent dans la littérature que se décrédibilisent ou se résolvent les combats.
J’ai eu la chance de pouvoir écouter Annie Le Brun parler littérature lors d’un café littéraire à Orsay où nous étions une trentaine à boire du thé et à manger des viennoiseries tandis qu’Annie nous citait Sade, Flaubert et Apollinaire (et moi fétichiste impénitent j’avais caché mon iPod derrière ma tasse de thé pour enregistrer toute la conférence : il n’était pas possible pour moi de ne pas conserver ces mots. Vous imaginez, Annie Le Brun lire une page de La tentation de Saint-Antoine ?? Même à la mi-temps du Superbowl ils ne pourraient pas se payer une chose aussi extraordinaire…)
La jeune fille aux fleurs dans les cheveux et moi-même étions donc invités à la célébration du mariage de deux amies communes. C’était émouvant, évidemment. Parce que j’avais été l’un de ceux qui se sont «battus» en 2012 et 2013 pour cette avancée historique. Battu à ma manière évidemment, avec des posts, des mots, des marches silencieuses, des baisers échangés.
Si à l’époque je me suis engagé (comme je le pouvais) c’est parce que beaucoup autour de moi voulaient ce mariage. Moi ça ne me faisait pas rêver. Mais j’estimais que ce qui était rêvé par beaucoup devait exister. J’aurais tout autant pu militer pour la possibilité pour des hommes ou des femmes de se faire opérer pour changer de sexe, alors que moi personnellement (pour l’instant) ça ne me fait pas envie. C’est toujours épanouissant de savoir que tout est possible, même si on ne franchit pas un cap, une porte. (j’ai toujours voulu habiter des maisons aux portes ouvertes sur le monde, même si je n’ai franchi qu’une dizaine de ces milliers de portes…)
Ce mariage est une avancée historique, mais finalement est encore insuffisant. On devrait pouvoir se marier à trois, à quatre ; se marier enfant, adolescent ; se marier sans terme, sans preuve, ou avec les preuves invisibles qui seraient tout aussi puissantes et légales que les autres. Mais bon tout ça c’est un «délire» d’écrivain utopiste. Je sais. Mais c’est avec les imaginations débridées qu’on a fait avancer le monde… Alors je reste à ma place : la place de celui qui soulève les pierres pour voir quel serpent ou quel bijou s’y cache.
Quoi qu’il en soit j’étais bien heureux d’assister à ce mariage. Je souhaite beaucoup de bonheur aux jeunes mariées, qui j’espère continueront à inventer leur vie, leur monde, leur amour pour faire progresser le monde, la vie, l’amour, car tout doit progresser, encore. Nous en sommes au moyen-âge de l’amour, de la libération du corps. Nous ne verrons pas notre avancée prodigieuse, mais nous devons y participer. Sans nous mutiler, ou nous tuer. ROSE !
Durant cette soirée de célébration un organisme unicellulaire (identifié comme de sexe masculin) imbibé d’alcool, de drogues et de je ne sais quelle substance décérébratrice m’a violemment pris à parti pour me dire que je devais me couper les cheveux (oui mes cheveux ! mon sexe féminin !) sur le ton de l’humour bien évidemment, mais vous savez cet humour teinté d’une de ces violences inimaginables – que connaissent bien celles et ceux (identifié(e)s comme faibles ou différents) qui sont attaqués par les «rois du monde», cette violence qui sous couvert de mots amusants crie je vais te tuer, pire ! je t’ai déjà tué, je marche sur ton cadavre
Finalement le monde n’a pas tellement changé. Même à un mariage entre filles on doit composer avec cette violence, cette bêtise, ce non respect de soi et des autres. Donc finalement un mariage reste un mariage. Moi je continuerai ma communion avec le monde des fleurs, des livres, des corps, des sexes, des cheveux longs. Sans papier, sans certificat, sans alcool. Mais je ne deviendrai ni Saint-Antoine dans sa grotte, ni Saint-Julien dans sa cabane de passeur, je continuerai à venir m’inviter dans l’autre monde, car ce monde est peuplé de mes semblables, et que je ne suis ni ermite ni stylite. J’aime la vie, j’aime le monde, j’aime les jeunes mariées, les jeunes filles avec des fleurs dans les cheveux, et les hommes avec des roses dans la barbe et des livres derrière les yeux.
Je n’ai rien à perdre parce que j’ai déjà accepté de tout perdre. On ne peut plus m’abandonner parce que je me suis volontairement déjà abandonné moi-même. On ne peut pas me battre parce que je me fiche de gagner et que je me reconnais vaincu d’avance. On ne peut pas me tuer parce que je suis déjà mort, pour renaitre, comprendre mon corps et vivre, vivre encore !
La force des faibles repeuplera le monde.

SEPARATION

  Courte retranscription de la fin de la conférence d’Annie Le Brun «Après Sade, de Flaubert à Apollinaire» le 9 novembre 2014 au Musée d’Orsay, un passage sur Sade et les surréalistes qui illustre et illumine finalement assez bien ce post sur l’utilité de réinventer constamment le monde, pour le rendre plus juste à soi-même et par ricochets permettre aux autres individualités de sortir de leur nuits individuelles pour embraser-embrasser l’Univers.
(…) Sade a commencé à penser le monde à partir de sa singularité, à partir de sa singularité sexuelle, mais à partir de sa singularité ; et c’est ça qui a fait l’influence qu’il a eu – et qu’il continue d’avoir chez ceux qui le comprennent : c’est-à-dire de voir que c’est à chacun de réinventer le monde à partir de ce qui le différencie des autres, et ça c’est le propre aussi de la poésie, et en ce sens-là je pense que Breton avait raison : Sade n’a non pas influencé mais influé (la publication des écrits de Sade entre 1925 et 1933) sur ce qui se passe dans ce registre, en particulier chez les plasticiens parce que les uns et les autres sont complètement bouleversés par la découverte de Sade (…) La pensée de Sade, cette démarche, cette façon de penser qui n’est que la sienne et pas celle des autres, les incite à trouver eux leur façon de penser, leur moyen d’expression, et qui fait que quand même le surréalisme va être un lieu particulièrement fascinant, dans la mesure où une extrême diversité de personnes vont commencer à pouvoir s’exprimer, et à exprimer leurs singularités ; et je pense que quand Sade rêvait – une héroïne de Sade rêvait – à un crime qui pouvait se perpétrer après sa mort, ce crime-là c’est cette sorte de façon d’inciter chacun à penser par soi-même et de ne rien laisser en l’état, et s’il s’agit d’une révolte fondamentale c’est aussi une façon de reprendre… d’embraser l’Univers. 
Et pour ceux qui veulent aller plus loin en vidéo je conseille le passage solo d’Annie Le Brun à Strophes en 1988 pour son génial livre Appel d’air (toujours sur Ina.fr) Une merveilleuse entrevue qui repassionne la vie.

annie le brun par emmanuelle

Photo volée d’Annie Le Brun, prise par Emmanuelle, une fan, lors de lectures de textes de Sade à Orsay le 6 novembre 2014.
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27 réflexions sur “Le néo-féminisme vu par Annie Le Brun.

  1. Satine dit :

    https://m.youtube.com/watch?v=ZGWKKI2ky8w …right. melachon….dice « le game show host  » en anglais . …twatmuffin . ..le patisserie de le uterus de femme….what a loser. Camille pagalia y angela carter sont les parallels ecrivanes interressantes en anglais DE Anne le brune. « Mountain song  » jane’s addiction . Breton dice « Salut « .

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  2. Satine dit :

    Que melanoma puer….quoi? Le mot a englais pour le cancer de le pneu . ..a « anglais « ….spell… je pense que de le Dan quayle ne recollectes pas comme « spell  » potato . …je pense je desire a dice « non « .

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  3. Satine dit :

    https://m.youtube.com/watch?v=ZGWKKI2ky8w …right. melachon….dice « le game show host  » en anglais . …twatmuffin . ..le patisserie de le uterus de femme….what a loser. Camille pagalia y angela carter sont les parallels ecri interressantes en anglais DE Anne le brune. « Mountain song  » jane’s addiction . Breton dice « Salut

    Donna summer « I feel love  » « play that funky music white boy  » ah « always a woman  » bee gees .  » she is always a woman « , Billy Joel . « Gypsy  » Kan nal. « Deeper shade of soul  » urban dance squad .

    Ah… »necessary roughness  » lady of rsge. Dirty harriet. « Let me clear my throat  » do Kool

    …Breton found a clairvoyant , clairsentient , clairaudient ex unitedo states trotysyiste of 25 years….retired . ..

    Ah…communitarian, antI slavery , anti authoritarian , progressive complimentarnot

    More than happy to be his spiritual wife here in trump territory central

    I have my tech level amateur radio liense. J’a I »perfect pitch « ….photographIc eye  »

    Rye….hahshzha….eye…Anne Hutchinson , grandma moses…Joseph wareen, Josiah warren….

    Hahaha . …Salem witch craft trails…Chem trails?

    Allez forte toi mere . ..lol

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  4. Satine dit :

    Baduizm: http://www.youtube.com/playlplay leery….edward……..Chinese take out…so ….plus plus transparent

    Ishelle…that cunt.,……

    Erykah Badu « Baduizm » .., »pop bubble « , body count « check yo self  »

    Ice t

    … »Crayola  » public enemy « ..,watch it..

    Retired trot . .,25 years . .bias towards rd laing , jung, Joseph Campbell , « flow »..

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  5. Satinet dit :

    https://youtu.be/NiHHj9qFhz4 Annie « le venttt questions etait chaud courte moment….plurieres DE grave DE coure . …..deus ou trois jour avez passe…

    Le « alt right  » sont est horrible . ..peur….promanade avez le facsde des leurs terrors….

    Rire…le mellier mediciment . … »etre une bonne fille »…????

    Para … »buttfuck christ…? « ..,quoi…

    Je pense breton…une drole and bonne . …uNE orifice DE le derriere . .

    Correct . ..je pense…

    …figures . ..kate bush « love and anger « … mais, quoi ? ..

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  6. Satinet dit :

    Lost ones….amour maitanents….vous recollentmentez vos blessurs y quoi vos , courers marche….entre gentile a regarde quoi votres attendez comme votrez votres vives dependez sur quoi votre attendre de le mellieur prix…donc, votres NE pas . …

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  7. Satinet dit :

    Trump ? U.s. historie DE classe . …honnete . … our « les deplorables »…donc..Clinton
    ‘S mots .. « Finks: How the cia tricked the worlds best writers . …ecrivan, Joel whitney

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  8. satinet dit :

    stacey barber 11/28/09 at 9:32 PM
    To
    Yvette Falarca
    Message body
    I am, at this point, on the subjective front, what I’d call anti-stupid.

    Why do you say Obama is a step forward on your website, when the principled position is to say he is NOT a step forward. Dialectical materialism doesn’t exist in some kind of idealistic lala land. What freakin’ difference does it make that one can get screwed over by a member of the black ruling class or a white one? That’s like also saying black nationalism is progressive, when it’s more like it serves the interests of the black sectors of the ruling class, or the wannabes amongst U.S. blacks, and serves to divide the working class along racial lines, akin to Zionism dividing the Jewish working class from the struggles of the Palestinian working class. All it mainly does is foster illusions in reformist crap. The black members of the ruling class are not, in the end game, a progressive force, Yvette. While I’d agree with fighting for the most oppressed layers of the working class, and for the oppressed in general in tandem with the working class, in order to fight against the good ol’ divide and conquer of the ruling class, things like affirmative action can be double edged swords in some regards, and puts the corker in the long term fight for revolution if that is all that is solely fought for. While I’m all for fighting to defend basic, democratic rights, and would consider affirmative action one of them, the actual transitional demand one raises would be things like 30 hrs of work for 40 hrs of pay, open enrollment and a free education in regards to universities, and guranteed job placement and job training through the unions for ALL working class youth. White working class youth also get screwed blue and tattooed. I’m not arguing one should be color blind, and go along with formal arguments against affirmative action, which tend to be a rough form of economic determinist reductionism, but, you DON’T, as a Trotskyist fall into a trap of, « the movement is everything, and program is nothing », and lose your spine about raising demands that are intended to foster consciousness within the working class that lead towards putting the question of a socialist revolution on the table, and just kowtow to sponaneity, or whatever it is that seems all hot and sexy and has a pulse. That’s being an activist just driven by liberal guilt and moralism. That’s just opportunism….but, I guess the RWL got burned royally with their experience with NWROC.

    I’ve been burned myself, Yvette. But that didn’t mean I didn’t at least keep fighting to figure out what the mistakes were, or how I erred or didn’t err, or figure out what I didn’t understand and thought I did, and fight for clarity as to what I thought really being a revolutionary meant. Not when capitalism, if left unchecked, means a descent into barbarism and war, and puts my life on the line, my daughter’s life on the line, and generally most of the lives of the human race on the line. And revolution isn’t going to just naturally evolve, like Athena springing from the head of Zeus, magically just by fighting for affirmative action, or with other uber militant slogans but ultimately hollow slogans. That’s utter petty-bourgeois idealism. It needs to be fought for by a leadership that objectively has a clue as to what needs to be done and how to win, and it needs to fight to uproot illusions in both the working class and the oppressed, the good ol’ Trotskyist swimming against the stream, even if the going gets tough. Called the subjective question of leadership straight out of the Transitional Program. You can’t dodge or leap over the need to build a revolutionary socialist party. And just because you may believe in self-defense, that also doesn’t make you a revolutionary. Non-pacifist, sure. But there are many shades between rejecting the abstract moralism of violence causes violence and being a revolutionary socialist. Eugene Debs wasn’t a pacifist. Malcolm X wasn’t a pacifist. Alot of labor struggles historically haven’t been. Neither was SNCC. However, while these people may have been militants with often a high degree of class consciousness, and hatred of their oppressors, that doesn’t ultimately mean they were revolutionary. ALOT of struggles in the neo-colonies can turn real bloody real fast. It seems a form of American exceptionalism, and smacks of either the height of nievity or a cynical lie, to think BAMN’s program will lead to revolution in the endgame. It won’t, Yvette.

    That’d be my reaction to BAMN. Obviously, I’m non-recruitable due to lack of political ageement.

    Anyways, I have plenty of shit I need to be doing. So basically, same ol’, same ol’.

    Stacey

    see sargon of arkaard « bamn are a violent cult » ….exactly.. je demande que les trots dans entre le mondes des les anglis…. »nottoyer leurs maison »…

    wrong person to pick on

    fluffy…xxooo gramlkin? j’ai 41 ans….right.

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  9. Satinet dit :

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    socialist ethics—if hwrs bugs you again
    stacey barber
    To ghostrider1815@yahoo.com
    Thursday, June 10, 2010 10:10 AM
    Here, I thought I would send this along so you know what the political critique is. And Brian has to stop acting like Dov’s little hack, and answer.

    Socialist Ethics

    Ethics are situationally applied morals, with the events not being treated as separate and isolated, but seen in the context of how they historically evolved. It is the subjectivist, ultra leftist who seeks to simply maneuver sensationalistically, with the seeming randomness of the fury of nature, who takes neither a long term nor balanced view, only thinks about their immediate gratification, and simply winds up acting amorally and non-ethically. Subjective sentiments alone do not build genuine Bolshevik parties, and they certainly don’t win revolutions.

    But the lesson I learned from HWRS is how an ultra leftist organization operates. While ultra leftists may be subjectively revolutionary, it does not mean they are able to separate themselves out from the course of world events, understand that while yes, everything is interconnected, there are boundaries between what is subjectively desired and what can be objectively achieved, and that, in order to harness the energies of a party effectively, having a sense of perspective and proportion– of what can and cannot be accomplished according to what resources are available and the strength of that party in relation to wider class forces, and coming up with priorities, plans and goals to organize party energies—needs to be understood, and consciously done. That means understanding there are very real boundaries between the subjective needs, wants and desires of a party, and what can concretely and realistically be done without efforts at “liberation” becoming simply exploitive, and demoralizing to a party as a whole.

    But the ultra leftist projects and self-indentifies his own self with the entirety of the revolutionary process, and, be it either organizationally, or in political proclamations, follows a path of schizoid zigzags between the latest opportunist quick fix to be pursued, the latest proclamation to be followed for some kind of instantaneous revolution, like the revolutionary process is some kind of enlivening thrill like doing cocaine, and then screams out in frustration when no one is won over by his wild eyed zeal that sane people would consider divorced from all reality.

    The ultra leftist ultimately is the ultimate tyrant, trying to whip up mindless enthusiasm and always fighting off demoralization from the emotional rollercoaster ride that he puts his cadre through to fulfill his impossible desires, and tries to tell perfectly honest cadre that any expression of anger or frustration with his gestalt methodology is simply their cynicism or lack of “faith”, baits them as “petty-bourgeois”, coming from the ultra leftist that if, the working class were to follow his leadership, would lead them to their death, and eggs on those of lower theoretical development to guilt trip and fling accusations at the person making the criticism, akin to the mindless moral hysteria of 14th century Catholic inquisitions.

    Instead of a dialectical materialist method, there is some kind of subjective psychologism and the abstract personality typologies that go on with it that are simply a projection of the ultra leftists’ personalism, due to his own personal inability to separate out his own ideas and emotions to rationally and realistically engage in class struggle, and cadre are controlled via trying to live up to some kind of ideal image of what a “good” Bolshevik is supposed to be. Any kind of pragmatically necessary dualism is simply “dishonesty”, and they are encouraged to confess all at the pulpit of the great paternal leader, as he is the high priest of socialist revolution, and seeks to arrogantly substitute his judgment for the independent judgment of cadre which, in a healthy organization, they are theoretically developed and educated to exercise that judgment independently. But, instead, interrelations amongst cadre function along lines of more of a support group, but which simply encourages anti-intellectualism, and leads to members mutually psychologically abusing each other, and playing a bunch of infantile head games to prop up their egos on those who are supposed to be their comrades.

    While the ultra leftist may sing accolades to communist morality, his moralism is only the abstract, hysterical moralism of the petty-bourgeoisie, and not the morals that concretely arise out of class struggle, born from acting in solidarity and in the best interests of the working class due to having an actual objective analysis of what is front of him, and genuine concern for their well-being. He is blinded by glasses that alternate between either blackened by despair or rose colored by mindless exuberance, as he can only relate to class struggle as his own personal tragicomedy, which leads to his efforts to engage in class struggle as being at best, a comedy of errors, and, at worst, ending with tragic results. His interest in class struggle is to bolster his own infantile ego, and not born from a genuine love and respectful regard for the working class as being the most creative class under capitalism, and looked to be the motor force of socialist revolution, and leads him act with the same wheeling and dealing and chicanery to sow seeds of confusing illusions as a bourgeois politician. Anyone who gets involved with such an ultra leftist will be drawn into his crib, and subject to his wrathful temper tantrums if his insatiable desires go unsatisfied. He seeks to consume all he sets his eyes upon, ultimately destroying that which he may have had somewhere a love for.

    Such people and such organizations will be relegated to the dustbin of history in the long run of winning a socialist revolution. They need to go back to preschool, and learn the ABCs of Marxism, and not bother anyone with their self-absorbed psychobabble until they learn how to act in a disciplined, mature and principled manner.

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    Hi, stacey ba…
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  10. Satinet dit :

    Sorry, but I am having technical glitches. Look…..I certainly have gone through plenty of foul shiest on the left. so did salvage going through the english swp. As far as bamn goes….we are talking about kids as young as 8…..potentially . Look, I tried going to salvage months ago. I received no reply. Apparently , it is still going on. France? I don’t know….I hope not. But the outrage has to stop on the u.s. left at least. I am well aware of the song and dance….do not go to the ruling class state . But yes….I would like le brune to contact me. Grimalkin9@mail.com is my email. I guess there things I have come across by her that would make me think she might care….because it is ripping my heart apart. And it is pure horseshit if le brune just virtue signals about gender issues, feminism….whatever….and doesn’t use influence she has if this is possible. I would rather the left clean it’s own house according to standards of workers democracy .

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  11. X96 dit :

    De plus en plus de femmes sont écoeurées par ce mélange de sexisme haineux, de puritanisme ultraréactionnaire et de sectarisme vulgaire qu’est devenu le féminisme. Sur Tumblr, certaines femmes (parfaitement libérées et ouvertes d’esprit) revendiquent même leur opposition totale à ce nouveau fascisme, qu’elles démontent en montrant qu’en certaines occasions les hommes sont nettement désavantagés par rapport aux femmes.

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  12. X96 dit :

    Il y a une phrase d’Elizabeth Badinter que j’aime beaucoup : « L’homme est le meilleur ami de la femme, à condition que l’un comme l’autre apprennent à se faire respecter ».

    Le féminisme devrait toujours être en accord avec ce principe. Lorsqu’il s’en écarte (ex. Caroline de Haas, Virginie Despentes), ce n’est plus du féminisme : c’est du sexisme et du puritanisme.

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