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Cher correspondant Facebook X.

Cher (correspondant Facebook x),
Je crois que j’ai une problématique inverse à la tienne : je suis en capacité présente de mener à bien, seul, tous les projets que j’ai en tête ou au moins de les initier et de trouver rapidement les personnes qui peuvent m’aider pour le (projet x), ou le (projet y), ou le (projet z), ou le (projet z bis), mais je me sens totalement paralysé par le système, la société; ce système cette société dont je n’aime ni les règles ni l’argent : je ne veux pas faire partie de ce système, je ne veux pas gagner cet argent sale qui tue beaucoup de monde… je crois énormément en l’Homme (je veux l’aimer et travailler avec lui) mais je ne crois pas en cette société, elle me répugne… J’ai bien entendu ce que tu as dit la dernière fois « oser le dosage » peut-être que je dois apprendre surtout à composer…. C’est déjà cette problématique qui m’avait fait arrêter Cartel Couture à l’époque où on commençait à bien marcher. J’avais à côté Chose Chaton qui me semblait plus radical, plus vrai, plus anarchiste et plus révolutionnaire et j’ai pris la voie de la révolution …. Même si je décidais aujourd’hui de refaire un album et des clips, je me sentirais incapable de faire une télé où y’a de la pub, ou un concert avec des sponsors…  malgré ça je n’aimerais pas faire qu’un album politique et dénoncer genre (artiste engagé x) ; la (superstar y) ancestrale qui est en moi voudrait continuer à danser et à être totalement l’incarnation du système… Je suis donc bloqué, paralysé. J’avais résolu momentanément ce problème en écrivant. Dans un livre je peux tout être et il n’y a pas de pubs à l’intérieur. J’étais heureux quand j’écrivais le matin et que je faisais l’amour ou que je lisais ou que je me baladais l’après-midi. Même si je souffrais du manque d’argent (autre problématique : je hais le système de l’argent mais je suis content quand j’en ai un peu…) Peut-être que je suis sur la bonne voie en imaginant ce (projet x) ou ce (projet y) où il y aurait de la musique et que je diffuserais sur (espace x) ou (espace y). Si je choisis ça et que je me lance il me faudra réussir à ne pas faire entrer tous mes projets dans un seul, et réussir comment dire non – à l’intérieur de moi – à certaines personnes que j’aime et que j’aimerais aider en les faisant travailler avec moi… être donc un peu plus centré sur moi que je ne le suis actuellement (j’ai tout ouvert et je me sens plus proche de l’individu générique, de l’être humain que nous pourrions tous êtres, de l’humain souche que nous somme tous, que de « moi » petite individualité avec sa petite histoire…). Dans l’idée je sais que j’ai fait le bon choix mais il m’empêche de me reconcentrer sur ce que la société du spectacle demande : un petit individu très marqué, faussement original qui parle de ses petits problèmes son petit pipi son petit caca… Encore aujourd’hui les «bêtas» me font rêver… ceux qui acceptent cette société car ils ne réfléchissent à rien… Je trouve que (superstar y) est restée au stade de l’amibe mais elle est la reine des amibes… j’ai encore envie d’être reine de quelque chose, de voir des yeux briller pour moi, c’est égoïste et idiot… Je n’accepte que la sexualité qui ne ment jamais… j’ai la chance de pouvoir vivre ça… c’est de la pure vie, bien loin de la fausse vie du spectacle… Il me reste des exemples de vie comme celle de (artiste x), qui fait des albums sans faire de promo, de télé… des exemples comme (artiste y)…  c’est-à-dire des personnes qui sont dans le système mais tout au bord du cercle, à l’intérieur, des sortes de dandies… Je crois que ma chance de m’en sortir sera dans le «faire» sans trop réfléchir… mais en même temps je «fais» et au bout d’un moment j’arrête car j’ai peur de ce que « la suite dans le monde et avec le monde » sera ; parfois c’est si problématique et douloureux que j’ai envie de tout arrêter… et juste écrire, lire et faire l’amour : mon tiercé gagnant. Si seulement j’étais capable de faire ce choix…. mais ma petite (superstar y) intérieure se met à hurler… mon petit (artiste engagé dans le système x) intérieur se met à pleurer, tout en étant heureux de devenir enfin un petit (artiste engagé hors du système z) !!! Soit je n’ai pas encore fait un deuil, soit je suis bloqué, m’autocensure et m’empêche de faire de nouvelles choses… Ma tête est trop lourde, avec tout ce que j’ai à l’intérieur mais aussi dessus : le poids de mes cheveux. Je me suis interdis de les couper avant de pouvoir me filmer, m’incorporer dans une œuvre et les montrer dans leur pleine liberté et longueur…mais ils me fatiguent dans la vie, et j’aimerais pouvoir me foutre de ce « moi en représentation, idéalement, dans une œuvre » pas parce que c’est pas bien mais parce que je ne peux pas vivre pleinement la même chose dans la vie….  je veux que mon œuvre et ma vie avancent ensemble, tu te rappelles je t’avais dit ça un jour chez toi ? Et – chose importante – je ne veux plus sacrifier ma vie, la douceur de vivre dont je rêve, pour le spectacle (car je sais d’expérience que cette vie est un enfer, au sens où tout dans le spectacle est à l’image de la Religion que je déteste). C’est un peu ça mon problème… la Religion on peut l’ignorer et faire sans mais le Spectaculaire intégré on ne peut pas y échapper si on fait des chansons, des films etc…. Tout serait SI SIMPLE si j’étais moins lucide… Avant j’avais l’alcool pour m’abrutir et me rendre servile et docile ; mais, depuis 5 ans, sans aucune substance extérieure autre que celles produites par mon corps, je ressens et je vois 24 heures sur 24!!! J’ai gagné en force, c’est indéniable, mais j’ai perdu la faiblesse qui me permettait de m’adapter aux moules, aux cases demandées… Hier je suis allé voir le film de (cinéaste x) que j’ai toujours adoré. Son film m’a fait du bien car je ressens un être humain derrière, pourtant c’était dans une salle où j’ai dû me manger de la pub… Dois-je accepter d’être une sorte de calculateur et rentrer dans le système pour le combattre ? Je ne sais pas si j’en serais capable (ce serait comme revêtir une soutane pour aller faire bouger les choses jusqu’au Vatican…) Ces réflexions sont insolubles… Tu vois le point où j’en suis rendu ? Je pense qu’il n’y a rien d’original malheureusement, et beaucoup de créateurs comme moi se sont arrêtés à cause des mêmes raisons… alors que me reste-t-il? L’activisme révolutionnaire ? Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de battre le pavé comme ça… Si on considère la société comme un cercle, je suis en équilibre sur le bord du cercle, en danger, et je dois décider si je fais un pas en arrière pour rester dans le cercle dont je connais les règles (que je n’aime pas mais qui sont une sécurité ) en acceptant de vivre face a un mur très haut que j’avais réussi a escalader ; soit en sautant dans l’inconnu qui représente tout ou rien (mort symbolique ou mort réelle, pleine renaissance, vraie vie, folie, que sais-je encore, le langage est si handicapé et handicapant…)  Je sais que certaines personnes comme moi, la société les soigne à coups de médicaments (mais c’est la société qui est malade, pas eux) et je suis bien heureux d’avoir réussi à « être pleinement » sans avoir à tuer tout ça en moi, en m’abrutissant avec je ne sais quoi… Mais que dois-je en faire maintenant ? rien ? dois-je me sacrifier pour le bien commun et créer, parler, dénoncer… ou juste vivre sans plus me soucier de rien… Voilà qui je suis, l’être que je suis… il est complexe… compliqué… il demande un peu d’apaisement et de douceur… mais il ne peut plus fermer les yeux ! Je ne pense pas être différent de tous les autres Hommes, c’est ça qui est encore plus angoissant. On penserait tous ça et on ne ferait rien??? Si j’avais de l’argent je crois que je voyagerais, pour vivre, voir et faire l’amour. Profiter des paysages et des cultures. J’écrirais peut-être, je filmerais peut-être ; pas sûr… je posterais des choses, pas sûr… si j’avais de l’argent je ne m’en soucierais plus, je l’aurais malgré moi et c’est tout, alors je le dépenserais sans compter, pour juste vivre… je me divertirais avec les paysages du monde qui seraient mon spectacle, et moi au milieu ! anonyme et pleinement présent. Dans un futur qui n’existe pas et qui ne me fait aucunement peur, comme tous les êtres nés au présent, vivants au présent, morts au présent.

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Une humanité x, y, z, pleine d’espoir.
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