Divers

Pierre de jour, Pierre de nuit.

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Pierre Pascual – Autoportrait du 21 mai 2008.

Il y a quelques jours j’ai reçu par email le texte ci-dessous qui m’a profondément et pour de multiples raisons ému. J’ai décidé – en accord avec son auteure – de le partager ici. Présentation et photos sont les siennes (hormis l’autoportrait ci-dessus que j’ai cru bon déterrer parce qu’il est probablement, de mes centaines de « captures », l’un de ceux que je préfère et qu’il me parait illustrer plutôt bien les sombres éclairages qui suivent). 

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(Boisé de Marly, Ville de Québec, 25 mai 2017)

Sous les sycomores, sous les sycomores,
Je danserai comme une psycho-whore
Sous tes sycomores, sous tes sycomores
I shall turn into a magical boar.

À Pierre Pascual
et à ses mille noms et visages,
Béatrice.

bandeau pierre jour

Québec, 22-27 mai 2017

 Life in Plastic, It’s Fantastic!

Suis-je dans un labyrinthe semblable à ceux dessinés dans Les aventures d’Alice au pays des merveilles ?  Suis-je tombée dans le cirque étincelant d’un demi-ado, demi-lièvre de mars qui a mis la main sur la boîte à outils d’une Marlene Dietrich remixée par Rei Kawakubo?

C’est le mois de mars 2017 et Deneuve pénétre pour la première fois les murs de mon petit studio. Première pensée : Il y a encore de l’art queer qui nous épargne son petit message pseudo-humaniste ! Mais pourquoi cette chanson au rythme envoûtant n’a pas fait un carton partout en Europe ? Il était où, cette splendide Reine ? Pourquoi je n’en savais rien ? Et pourtant, la révélation n’a encore rien d’extraordinaire. Lâche les chiens, Je danse dans ma chambre, Paris Paris, Mi novio… et J’aime sentir ta bouche glisser me font rire follement. Mes voisins, auxquels j’avais offert le soir précédant un sublime concerto de Ravel interprété par Martha Argerich, doivent maintenant supporter la répétition affolante de swallow swallow swallow fuck fuck dick dick.

Je rigole, je danse et j’ai soudainement envie de faire trembler toute la ville sous l’influence de ces chansons trépidantes qui bouleversent mon réseau neuronal. Le matin même, j’écoutais Les garçons aux cœurs de filles, mais cette histoire m’interpelle trop et je ne peux supporter de revenir à ce point maudit où se mêlent splendeur masculine, mélancolie et rejet. Il faut surtout danser, défier et défiler lors de matins comme ceux-ci.

Les semaines suivantes, je continue à écouter avec énormément de joie toutes ces chansons, comme dans un Pride personnel et quotidien. Mais ces rythmes ne sont encore que des rythmes parmi d’autres, des sons, des couleurs et des chorégraphies qui ensoleillent mes jours funestes, des fascinations qui relèvent exclusivement d’une jubilation queer que je croyais morte. Je suis sincèrement contente de savoir qu’il y a encore des divas qui se soustraient au mainstream, des magiciens de la transformation qui se permettent tout sans s’excuser, sans se justifier. Je suis pourtant encore très en surface de ces créations et de cet univers qui me donnent envie de sauter et de fêter. Et c’est délicieusement bon de pouvoir être ainsi. La profondeur de la peau, l’abyme des surfaces, ce sont des dons divins qu’il ne faut jamais sous-estimer.

Madame Mille Visages

Mais qui est donc cette persona qui tente tout ? Cette drôle de créature qui ne s’avère être ni (seulement) un travelo cynique, ni (seulement) une diva queer-burlesque post-dramatique comme je l’avais cru ce samedi matin? Il est, par contre, tout et tou(te)s à la fois : le divertissement le plus divertissant, la femme la plus femme, l’homme le plus homme, voire le macho le plus macho, la diva la plus diva, le barbu le plus barbu, le disco le plus disco et, finalement, le plus poète des poètes souterrains.

Mille visages simultanés; visages sélectionnés, multipliés, fragmentés, entamés par le malaxeur magicpop. Préoccupation féroce de toujours se proliférer, de toujours mettre à sa disposition de nombreux miroirs : écrans télé, écrans d’ordinateur, posters, miroirs accrochés aux murs, miroirs figés sur le plancher. Et, malgré tout ça, on ne voit pas tout le temps ses yeux, car parfois il les cache derrière des lunettes dans lesquelles se reflète son propre corps nu, dans chaque verre. Pas de spectacle sans speculum, il le sait très bien.

À chaque apparition, le même souci obsessionnel visant la multiplication et la reproduction de chaque « soi » éphémère. Mais cette fabrication soigneusement entretenue est loin d’être une preuve de narcissisme spécifique à toute nouvelle star du marché, bien au contraire. Car la personne narcissique nourrit sans doute le désir de se voir et de se faire voir, mais pour cela, il faut qu’elle soit toujours splendide, qu’elle puisse tout contrôler, et que le reflet de sa splendeur soit construit selon ses propres règles. En revanche, Pierre Pascual répand la multitude de ses avatars à travers un joyeux et généreux gaspillage de soi. Lorsque tout est attentivement élaboré quant à la musique et aux aspects visuels et performatifs, on n’est guère dans le paradigme du calcul stratégique. Bois-moi, bois-moi est le principe constant de ce partage rituel avec ceux qui désirent le regarder. Loi secrète de la communion : Vois-moi, bois-moi et quand je mets Deneuve en action, et quand je suis your average bearded guy (le clip de la même chanson illustre intelligemment ce jeu dialectique). Mais s’il vous montre ses mille visages, vous devez les accepter tous. Ce n’est pas une question de choix, ni une question de préférence, car si un des archétypes vous échappe, tous vous échapperont.

Mais pourquoi rester au stade de la figure humaine ? On le voit bien : si besoin est, il peut également se transformer en fée pour venir au secours d’un solitaire garçon de la plage. Il quitte ses os et sa chair pour se laisser immodestement imprimer sur un anneau ou au dos d’un blouson. C’est peut-être au travers de tels objets magikitsch qu’il nous réunira tous sous la protection du Grand Esprit de la Fertilité Queer, qui sait ? Pas de gradation, pas de dosage de bon sens : il jette tout d’un seul coup, avec avidité et cupidité. Que faire de tous ces visages ? Qui « performe » qui ? Auquel de ces visages devrais-je donner ma confiance de « fan » ?

***

Pierre
femme de fer
homme de sueurs grossières
tristesse d’hermaphrodite solitaire

***

Regarde-le poussant, avec cynisme et défiance, un chariot de supermarché dans un espace, bien sûr, underground, et défilant dans d’enviables costumes post-avant-garde pré-Apocalypse. Here you have your ultimate hipster…
ou
Cadavre nu et sensuel avouant ne pas avoir de secrets lorsqu’il utilise ses petits outils sadomasochistes pour s’enrober en secrets
ou
Mélancolique figure de femme-statue dont le teint est illuminé par une délicate blouse jaune – on dirait qu’une des silhouettes tristes et pourtant dominatrices de Modigliani est descendue parmi nous, tristes mortels condamnés à une médiocre détermination des sexes
ou
Cheveux hystériques dévoilant une bête dégueulasse, une maîtresse vampirisée, un Héliogabale ruiné. Des sexes expirés, d’autant plus exaltés
ou
Petit lapin porno simulant le chic parisien à l’aide de perles et de gants blancs
ou
Sorcier oriental dompteur de fauves dont le corps entier devient un trémolo byzantin.
Il pourrait être ton guide dans un sex-shop parisien (intitulons-le Pierrotica) régi par Huysmans feat. Jelinek, où il mixerait torture et plaisir pour te préparer ensuite un tombeau de mousseline noire afin qu’y reposent tes couilles ou ton vagin écrasés. Il pourrait être, à la Sorbonne Nouvelle, ton professeur de philosophie à l’air le plus hétéronormé qui soit. Il est athée, mais pourrait aisément jouer un Christ à la Pasolini. Ou peut-être serait-ce plutôt le Christ qui aimerait jouer Pierre Pascual ?

***

Pierre
tes cheveux portent encore le goût de l’enfer
Pierre
les ondulations de ta peau font brûler l’hiver
Pierre
sur tes blessures d’or j’erre

***

The queen of music, the queen of fashion, the goddess, the artist every fucking artist wants to copy…Oh my God I’m an actress…Mais on a déjà entendu tout ça! Sauf qu’il s’agissait d’artistes qui ont (par ailleurs merveilleusement) livré ce message seulement après la bénédiction des laboratoires qui les ont créés. On dit qu’on est une diva seulement après avoir mis en place, de manière parfaite, tous les ingrédients pour en être une. Sinon ce serait absolument ridicule et surtout nul. Une stratégie trop simpliste, certes, et trop prévisible lorsqu’on s’appelle Pierre Pascual…

Il a, en revanche, d’autres choses plus intéressantes à nous montrer : une séduisante autodérision postmoderne, un fort appareil d’ironie tourné vers soi-même, sa façon intelligente de se mettre en scène à la Brecht et une certaine honnêteté intellectuelle consistant non seulement en l’exposition de la subversion, mais également des mécanismes qui la constituent – et cela, toujours sous nos yeux. Quelle réussite, cet effet de distanciation posé par les poses mêmes de l’Artiste ! Quel plaisir pour l’esprit que de le voir se mettre perpétuellement en abyme ! Deleuze aurait certes aimé cette silhouette impertinente qui répand ses lignes de fuite et ses rhizomes partout. Cet animal sauvage qui aime les cosmétiques, les paillettes, les corsages et les vernis orange ou rouge sang, en élaborant sans cesse sa propre machine sale de désir. Ce poète et performeur qui accomplit avec tant de grâce la jouissance du schizophrène.

Surinterprétation ? Peut-être. Mais peu importe ! Car tout ce qui s’ouvre à moi est mon objet et, dès que je le touche, il devient inévitablement, tel un palimpseste, et sa nature première, et l’écriture que j’y incruste. Il n’y a rien de tel que la surinterprétation, il n’y a que la bêtise des gens qui ont peur de Rencontres et de leurs dérives transfiguratrices.

Chose Chaton. Chose Platon. Chose Garçon. Chose Dame.
À jamais il pénétra mon âme.

Je rêve de Dionysos quand Pierre danse…

Un Dieu rapace qui agace un trop bel androgyne. Salomé raté qui ne connaît pas la honte. La grande prostituée de Babylone s’adonnant aux sonorités pop. Géant Bouc impénétrable qui fait hypnotiser ses ménades dont le sexe reste toujours inconnu. Je ris, mais je ris jaune, j’ai peur, je délire, j’hallucine, j’invoque le Pierre au sourire complice et détaché.

Arrête-toi, Dionysos de supermarché ! Montre-moi ton vrai visage. Ton visage diurne, ton visage à la lumière du soleil. Sinon je ne saurai où déposer l’offrande.

Ton corps de starlette trans sans imprésario et sans agent de publicité vibre dans l’ivresse bacchanale et j’imagine que même tes entrailles suivent ce  rythme déchirant. Vous avez tous mangé la lune ; vous n’avez qu’à dissoudre vos chairs orgiaques, épuisées, dans l’obscurité. Ténébreux banquet dont l’orgasme restera froid malgré le frottement fiévreux des sexes. Tu commandes à tes esclaves Bois-moi, bois-moi, mais il leur est impossible de le faire car leurs carcasses sont déjà gavées de leurs propres viscères putréfiées. C’est toi qui as bu tout le sang du monde, mais tu n’en as pas assez. Dévorateur de corps, dévorateur de pop. Popcorps(e). Mi Dios es un zombi.

Montre-moi ton vrai visage, Maître de l’extase, et je t’en fabriquerai un autre, plus faux et plus trompeur que tous les autres que tu aies jamais portés.

Impétueux Dionysos, où que tu sois, donne-moi ici, sur un plat, la tête de Pierre.

salomé
Salomé par Franz von Stuck

Tota pulchra es, Petra!
Sepulchrum Petra est.
Veninosa
Lacrimosa
Petra
Divina urethra
Petra
Scelerata
Gratia plena
Sacra vulgata
Regina Parisii
Pedicator Babylonis

Nymphalidae

Je regarde les yeux de ce jeune homme filmé en 1993 au bord de la mer, dans le Sud de la France, et je tremble de mélancolie et d’effroi. Mes années 90 m’envahissent instantanément. Petit pays est-européen, pauvre et gris, toujours en retard, toujours complexé, petit pays qui a une folle envie de boire, après les sombres années de dictature, tout le Cola de l’Occident, de manger tous les hamburgers qui se sont finalement frayés un chemin vers cette population oubliée par le monde entier. À cette heure, la mission nationale c’est de dévoiler les ex-collaborateurs de la Sécurité afin qu’on devienne « un pays civilisé ». C’est grâce à une telle « purification » que mes parents pourraient eux aussi rêver d’avoir une maison comme mon oncle qui habite aux États-Unis : il nous envoie régulièrement des photos témoignant d’un pouvoir d’achat pour l’instant inatteignable chez nous. « Que Dieu nous aide à bâtir une petite jolie maison, pas plus, juste une petite jolie maison », prière constante et fervente de maman.

Les nationalistes orthodoxes se battent contre les hippies qui viennent de découvrir le nirvana, la mandala et le nudisme. Les néo-protestants ont enfin le droit légal de raconter aux gens comment nos anges gardiens notent tout ce que nous faisons sur des parchemins sans fin. Odeur de bière cheap et de fake Armani. De la musique arabe et turque, Twin Peaks, Dallas, les films indiens, las telenovelas. Des chanteuses qui se vendent en tant que Madonna locales, dévoilant peu à peu leurs seins. Une moitié de la nation croit que Michael Jackson est une créature surnaturelle envoyée par les dieux, l’autre croit qu’il est un pervers qui témoigne de la décadence occidentale. Je regarde You are not alone à la télé chaque matin avant d’aller à l’école où je me fais insulter et humilier par cette enseignante qui connaît sur le bout des doigts toutes les punitions d’origine soviétique. M.J. me semble juste être une créature désespérément en quête d’amour fraternel et j’aimerais bien pouvoir le serrer dans mes bras.

Malgré les différences sociales, nous sommes tous de vrais chrétiens ; et c’est de cela dont on se souvient lorsqu’on rejette finalement les « perversions » de l’Occident. Chez nous, il n’y a pas de sodomites. Peut-être juste quelques-uns, dans le Parc de l’Opéra. Un endroit qu’il faut absolument éviter si on est un jeune et bel étudiant, puisque c’est là que les tafioles attendent leurs proies pour les violer et même les tuer. Car – tout le monde le sait – les homosexuels tuent, par jalousie, beaucoup plus que le reste de la population.

Tout va bien, nous sommes une nation saine et fertile. Toutefois, le mot interdit revient de plus en plus fréquemment sur les lèvres, même les plus pures. Un mot surgi des caves les plus obscures, un mot qu’il faut prononcer à voix basse juste pour savoir comment éviter et punir les êtres anormaux qui l’incarnent.

Pendant ces années, homosexuel est peut-être le terme le plus aimable dans une horde de dénominations abjectes et cruelles, censées tout simplement nier le statut d’être humain de ces « mecs malades ». [Par ailleurs, c’est le terme que j’affectionne le plus même aujourd’hui, beaucoup plus que « gay », car je ressens et revis, en le prononçant, toute la haine destructrice qu’il contenait. Et c’est précisément cette haine qui me fait aimer davantage mes garçons aux cœurs de filles.] Le mot circule de temps en temps dans notre foyer et je me demande pourquoi il faut rejeter ces hommes s’ils sont « beaux, efféminés et fragiles ».

Petit mot doux des nuits surveillées par la police, des boîtes illégales, qui réunit tous les esprits tordus ne trouvant pas leurs places dans les histoires d’amour qui se «reproduisent». Petit mot doux qui fait rougir le pasteur provincial et inculte qui a le devoir solennel de le prononcer afin que les garçons de sa triste communauté sachent qu’ils sont en train de crucifier Jésus-Christ encore une fois et qu’ils vont brûler en enfer si jamais… Petit mot doux qui attriste toutes les mères égoïstes qui veulent des fils «normaux», des petits-fils «normaux», des enterrements «normaux».

Petit mot doux resté là, patiemment, attendant que je lui donne un peu de tendresse.

***

Quelques années plus tard, Eurovision 1998. Sur scène, une prétendue «femme», certainement possédée par le diable ; un signe des temps, un signe que les prophéties de l’Apocalypse commencent à s’accomplir une à une. Aucun doute : Jésus reviendra bientôt sur Terre pour le Jugement Dernier. Et les pédés, Il ne les reconnaîtra pas. Moi je ne comprends rien à cette hystérie. Je ne vois que la beauté et la joie de cette musique hyper entrainante, la charmante langue orientale qu’Elle articule, la splendeur de ce corps parfait, ce sourire authentique comme je n’en ai jamais vu chez les femmes fatiguées et sordides de ma communauté. Et, par-dessus tout, je suis médusée par la gloire éblouissante que cette femme répand autour d’elle. Pecado nefando.

Viva la Diva, Viva Victoria

2017. 29 ans et je ne les ai pas trop aidés à voir leurs rêves domestiques se réaliser.
J’ai en revanche une grande famille de frères et de pères douteux, chacun avec son art et son petit milieu perverti.
Ce sont eux qui ont séché le pouvoir fertile de mon utérus, ce sont eux qui ont détourné mon devoir de femme.
Maman, pourrais-tu prendre soin de lui ?
Tu vois comme il est beau et fragile.
S’il te plaît, maman, en mon absence, regarde-le comme ton propre fils.
J’espère que l’enfer est une boîte gay, avec de la bonne musique queer.
J’espère qu’il sera possible d’y accéder en talons aiguilles, car je tiens trop à mes chaussures rouges en cuir verni.
La nuit sera longue, très longue, car il y aura énormément de garçons qui voudront danser avec moi.
Que celui qui brûle le dernier pense à Queen Beatrix et à ses escarpins rouges !
Dernier détail, cher Christ revenu sur terre,
puis-je demander pour ma crémation une playlist 100% Pierre Pascual ?
Ai-je droit à une dernière blague de mauvais goût, genre top vs. bottom ?
Homosexuel, homme sexuel, laisse-toi transporter dans mon ciel. Mon Paradis à moi, mon Paradis pour toi.

***

Minuit ou presque. J’avance dans l’obscure forêt québécoise, mais je suis moins audacieuse qu’il ne le parait, car je cherche une place qui me permette de voir la station de bus du terminus.

Je sers dans mes bras un immense arbre avec lequel je n’avais jamais parlé. Le baiser que je lui donne vole dans l’air et arrive dans mon petit pays où il se colle sur la peau de tous mes garçons.

Si ma destinée est d’être la proie d’un esprit mystérieux, par une nuit étoilée (quel plafond gay !), je le suivrai sans résistance. Je n’ai plus rien à craindre sous les sycomores. Car mon cœur est aussi un interminable sycomore, sous les branches duquel tous les garçons aux cœurs de filles pourront tranquillement travailler à leur costume de sirène.

Et ta musique, Pierre, ne finira jamais.

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5 réflexions sur “Pierre de jour, Pierre de nuit.

  1. Lara dit :

    Ce message est une réponse à Béatrice Lapadat.
    Je n’ai pas trouvé d’émoticônes représentant une femme qui se prend une grosse claque. C’est ce que j’ai ressenti quand j’ai lu votre billet adressé à Pierre Pascual.
    D’habitude je dirai : ne parlez pas pour moi. Mais là je dis: Merci d’avoir parlé pour moi. Je n’ai rien à rajouter. Vous lui avez dit tout ce que je voulais lui dire mais je n’ai pas le vocabulaire assez riche pour m’exprimer. Donc merci de l’avoir fait pour moi.
    Très cordialement…
    Alice Lara

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis très heureuse qu’on peut tous avoir un vrai moment de partage à travers l’art de Pierre Pascual et ce qu’il m’a inspiré. Merci à vous d’avoir trouvé le temps pour lire et réfléchir sur ce texte.

    Beatrice

    J'aime

    • Lara dit :

      Comment ne pas réagir à votre magnifique témoignage!!!
      J espère de tout cœur que nous puissions encore partager et rêver autour de ses créations et de lui…
      Cordialement
      Alice Lara

      J'aime

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